Un pied d’aubergine peut repartir au printemps s’il passe l’hiver en pot

Vivaces arbustives en Amérique du Sud, ces solanacées ne succombent chez nous qu’à cause du sol gelé. Une taille courte, un nettoyage des racines et un pot posé en pièce claire changent la donne.

Gilles Poirier Par Gilles Poirier
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Un pied d’aubergine peut repartir au printemps s’il passe l’hiver en pot
Photo d’illustration. Des mains versent du terreau avec une petite pelle dans un pot en terre cuite, à côté d’une jeune plante à feuilles rondes.

En bref

  • Le gel du sol tue les racines, pas la plante elle-même, qui est vivace dans son milieu d’origine.
  • Un voile d’hivernage ne protège que les parties aériennes.
  • Taille, déterrage, nettoyage des racines et rempotage précèdent la rentrée.
  • Piments, physalis, basilic perpétuel et chayotte s’hivernent aussi.

Un pied d’aubergine qui noircit au premier gel n’a rien d’une plante condamnée par nature. Selon aujardin.info, les solanacées du potager sont, dans leur Amérique du Sud natale, des arbustes vivaces qui produisent année après année. Elles ne sont pas programmées biologiquement pour mourir au bout d’une seule saison.

Pourquoi le voile et la pleine terre ne suffisent pas

Sous nos latitudes, la difficulté tient aux racines, incapables de survivre au gel prolongé des sols européens. Quand la terre approche de zéro, les racines de l’aubergine ou de la tomate se nécrosent, et le plant meurt de froid par la base en quelques jours.

Beaucoup de jardiniers espèrent gagner du temps en couvrant leurs cultures d’un voile d’hivernage épais. Il protège les parties aériennes des gelées blanches, mais n’isole pas les racines du froid. Pour ces solanacées, la source le juge insuffisant en France métropolitaine, sauf cas exceptionnels sur un littoral méditerranéen très doux. La méthode retenue consiste à sortir les plants de la pleine terre pour les cultiver en pots pendant la saison froide.

Préparer les plants avant la rentrée

Rentrer un plant tel quel dans le salon ou la véranda risque d’importer des pucerons et d’épuiser la plante, qui n’y trouvera pas la luminosité nécessaire. Les gestes suivants se font dans cet ordre :

  1. Tailler la structure de façon drastique, en ne gardant que les branches charpentières principales, longues d’environ vingt centimètres.
  2. Déterrer la motte avec précaution à la fourche-bêche, pour préserver un maximum de radicelles.
  3. Nettoyer le système racinaire à l’eau claire, ou secouer vigoureusement la terre, afin d’éliminer les œufs de ravageurs.
  4. Rempoter dans un substrat neuf, léger et drainant. Un mélange de terreau universel et de perlite est proposé pour éviter l’asphyxie des racines.

Une fois le plant en pot, l’objectif n’est plus de le faire pousser : il s’agit seulement de le maintenir en vie jusqu’aux beaux jours.

12 à 15 °Ctempérature constante jugée optimale pour l’hivernage
20 cmlongueur environ des branches charpentières conservées

Le nettoyage des racines a un but précis : selon aujardin.info, il débarrasse la motte des œufs de ravageurs avant que le plant ne rejoigne l’intérieur de la maison. La même source précise que la fourche-bêche sert à soulever la motte sans arracher les radicelles, dont dépend la reprise du plant une fois en pot.

Choisir le bon endroit pour passer l’hiver

Les plants rempotés entrent alors dans une phase de dormance, présentée comme indispensable à leur régénération. Le lieu idéal est une pièce lumineuse et totalement hors gel, pas un salon surchauffé. À cette température, la montée de sève s’arrête sans que les tissus ne soient nécrosés, ce qui évite à la plante de s’épuiser avant le printemps.

Le salon chauffé pose un double problème, d’après aujardin.info : la chaleur relance la sève alors que la lumière manque, et la plante s’affaiblit. Une pièce claire, protégée du gel, garde le plant au ralenti. Pendant cette pause, le but n’est plus la croissance mais la survie jusqu’aux beaux jours.

Ce que l’on y gagne, et ce qui s’hiverne aussi

D’après la même source, les plants hivernés repartent plus vite au printemps. Les récoltes arrivent plus tôt et sont souvent plus abondantes qu’avec de jeunes plants issus de semis.

La technique s’étend à d’autres cultures : piments, de la même famille, physalis (coqueret du Pérou), basilic perpétuel et chayotte peuvent aussi être hivernés avec succès. Pour d’autres plantes qui durent plusieurs années au potager, on peut consulter les légumes perpétuels du potager.

Le principe reste le même pour toutes ces espèces : un plant hiverné conserve son système racinaire, alors qu’un semis doit tout reconstruire. C’est ce que la source avance pour expliquer une croissance végétative qui reprend plus tôt dès que la saison redevient clémente.

Photo : Anna Shvets / Pexels

Gilles Poirier

Aménagement, équipement, entretien, potager et piscine

Gilles Poirier

Gilles Poirier a monté des terrasses, des clôtures et des abris de jardin pour une entreprise de paysagisme de la région de Poitiers. Il s'occupe de l'aménagement et de l'équipement du jardin, ainsi que de l'entretien des piscines. Il a construit sa propre cabane de jardin, qui penche un peu.