Entretien

Pincer ou rabattre un kalanchoé étiolé pour le rendre touffu

Tiges nues, feuilles basses tombées : le geste à choisir dépend de l’état de la plante, et la saison compte autant que l’endroit où l’on coupe.

Agathe Rolland Par Agathe Rolland
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Pincer ou rabattre un kalanchoé étiolé pour le rendre touffu
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Pour qu’un kalanchoé redevienne touffu, deux gestes existent : pincer l’extrémité des jeunes pousses quand la plante commence à filer, ou la rabattre sévèrement lorsque ses tiges sont déjà nues et ploient. Le premier se pratique après la floraison, le second lorsque l’hiver s’achève ou que le printemps commence à peine. Dans les deux cas, la coupe ne règle rien si la plante retourne ensuite dans un coin sombre.

En bref

  • Le premier se pratique après la floraison, le second lorsque l’hiver s’achève ou que le printemps commence à peine.
  • En retirant cette extrémité, on lève ce frein, et la sève se dirige vers les bourgeons dormants plus bas sur la tige.
  • L’arrosage doit être fortement réduit : presque privée de feuilles, la plante consomme beaucoup moins d’eau pendant un temps.

Une plante de pleine lumière qui s’allonge à l’ombre

Originaire de Madagascar, le kalanchoé est une plante grasse qui garde sa silhouette ramassée seulement sous une luminosité intense. Dans une pièce trop sombre, il entre en étiolement : l’espace entre deux nœuds grandit hors de proportion, et les tiges, plus longues et plus minces, deviennent fragiles.

Ce phénomène va souvent de pair avec la perte des feuilles du bas. On se retrouve avec des tiges décharnées coiffées d’un petit bouquet de feuillage, loin de la forme d’origine. Selon la fiche publiée par aujardin.info, il ne faut pas y voir une carence en engrais : c’est une réponse de la plante à la lumière, liée au phototropisme. Ajouter de l’engrais ne corrige donc pas le problème.

Pourquoi couper fait ramifier

La pointe de la tige principale concentre une hormone de croissance qui freine le développement des bourgeons situés en dessous : c’est la dominance apicale. En retirant cette extrémité, on lève ce frein, et la sève se dirige vers les bourgeons dormants plus bas sur la tige.

Le pincement est la version douce de ce principe. Il convient surtout aux jeunes plantes ou aux périodes de croissance active, avec un objectif préventif : arrêter une jeune tige avant qu’elle ne s’allonge et se dégarnisse. Le moment conseillé se situe après la floraison, quand le kalanchoé consacre son énergie à produire de nouvelles feuilles.

Le pincement, geste par geste

  1. Repérez une jeune pousse et la paire de feuilles située juste sous son extrémité.
  2. Entre l’ongle du pouce et celui de l’index, sectionnez la pointe juste au-dessus de cette paire de feuilles.
  3. Si vous le souhaitez, déposez une infime pincée de cannelle en poudre sur la petite plaie : la source la propose pour limiter les maladies fongiques sur ces tissus gorgés d’eau.
  4. Recommencez chaque mois sur les nouvelles extrémités apparues.

À chaque pincement, deux nouvelles ramifications partent de l’aisselle des feuilles conservées. Répété, le geste densifie le feuillage et étoffe la couronne. Il ne s’applique pas en revanche à une plante dont les tiges sont déjà longues et dénudées.

Quand les tiges sont nues, passer au rabattage

Un kalanchoé aux tiges dégarnies qui plient sous leur propre poids ne se rattrape plus par pincement. Il faut une taille de rabattage, nettement plus radicale, qui peut retirer plus de 50 % du volume de la plante.

Repère Rabattage sévère
Période conseillée Fin de l’hiver ou tout début du printemps, avant la reprise de végétation
Période à éviter Plein automne : en intérieur frais et humide, la plaie cicatrise mal
Outil Sécateur désinfecté à l’alcool
Point de coupe Un nœud sain à 5 ou 10 cm environ du terreau, si possible avec une paire de feuilles vertes
Forme de la coupe Nette et horizontale

Les semaines qui suivent la coupe

Une fois taillé, le pot gagne une place près d’une fenêtre orientée au sud ou à l’est, faute de quoi les nouvelles pousses s’étioleraient à leur tour. L’arrosage doit être fortement réduit : presque privée de feuilles, la plante consomme beaucoup moins d’eau pendant un temps.

÷ 3besoins en eau, temporairement, après une taille sévère
2 à 3 semainesdélai habituel avant les premiers bourgeons latéraux

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Kristina Paukshtite. Licence Pexels.