Sept élèves australiens rebâtissent leur potager brûlé
Branches tombées en tuteurs, irrigation par mèche pour les aromatiques : les élèves de Springhurst ont décroché un prix national huit mois après la canicule.
L’école primaire de Springhurst, minuscule établissement du nord-est de l’État du Victoria, en Australie, vient d’être récompensée pour un potager reconstruit après sa destruction par la chaleur.
En bref
- L’école de Springhurst, dans le Victoria, figure parmi les lauréats des National Kitchen Garden Awards.
- Son potager, ravagé par une canicule historique en début d’année, a été rebâti par les élèves.
- La dotation de 1 000 dollars australiens doit financer de nouveaux systèmes d’irrigation par mèche.
- Deux autres écoles ont été primées pour l’implication des parents et pour l’usage du warrigal en cuisine.
L’information, rapportée par Le Parisien à partir d’un article du quotidien britannique The Guardian, montre comment des enfants ont transformé un échec complet en terrain d’expérimentation.
Du jardin calciné au palmarès national
Au début de l’année, une canicule qualifiée d’historique a anéanti la totalité des cultures de l’école. Rien n’a été sauvé. Plutôt que de replanter à l’identique, les élèves ont rebâti un espace pensé pour mieux encaisser les fortes chaleurs.
Le résultat a convaincu le jury des National Kitchen Garden Awards, qui l’a classé parmi les potagers les plus innovants d’Australie. Springhurst a remporté la catégorie consacrée à l’application concrète des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques au jardin.
Ce chiffre de participation donne la mesure de l’exploit : une classe de la taille d’une tablée familiale s’est distinguée face à des centaines d’établissements, répartis entre neuf catégories.

Des matériaux récupérés et une eau mieux dosée
La reconstruction s’est faite largement avec ce qui traînait sur place. Les enfants ont réutilisé de vieux matériaux pour fabriquer eux-mêmes leurs structures de culture. Les branches tombées au sol ont trouvé un second usage comme tuteurs pour soutenir les plants de fèves, une solution gratuite que tout jardinier peut observer chez lui après un coup de vent.
Le volet le plus scientifique concerne l’arrosage. Avant d’installer quoi que ce soit, la classe a travaillé sur l’économie d’eau grâce à une expérience sur la capillarité, ce phénomène qui permet à un liquide de remonter dans une matière fibreuse. Les élèves ont ensuite posé de leurs propres mains un dispositif d’irrigation par mèche destiné à leurs herbes aromatiques.
« Les sciences s’intègrent naturellement au jardin »
L’enseignante de l’école de Springhurst
L’expérience ne s’arrête pas là. Chaque lauréat reçoit 1 000 dollars australiens, et l’enseignante compte consacrer cette somme à de nouveaux systèmes d’irrigation par mèche, en réponse à des étés qu’elle juge de plus en plus extrêmes. Pour qui veut approfondir l’organisation de ses propres cultures, la rubrique potager et cultures comestibles rassemble d’autres repères.
Un concours qui récompense aussi l’ingéniosité collective
Organisé chaque année par la Fondation Stephanie Alexander Kitchen Garden, le concours distingue les meilleurs potagers scolaires du pays. Deux autres lauréats illustrent des pistes différentes :
- Wongan Hills, en Australie-Occidentale, a obtenu le prix de l’engagement communautaire. Son potager a ramené les parents à l’école alors que leur participation s’effritait depuis plusieurs années.
- Aldavilla, en Nouvelle-Galles du Sud, a été primée pour la cuisine la plus inventive. Les escargots dévoraient ses épinards ; l’école les a remplacés par le warrigal, un légume indigène, désormais cuisiné dans des pâtes, des pizzas et une sauce préparée maison.
Au-delà de l’enveloppe financière, toutes les écoles récompensées se voient remettre du matériel de jardinage ainsi qu’un accès au programme éducatif de la fondation.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : USDAgov. Licence : Public domain.